Précocité sportive, sport intensif et scolarité dans le primaire (tennis, gymnastique) Stéphane Méry

Présentation d’une recherche de Stéphane Méry, issue de sa thèse et du livre Excellence sportive et scolarité. Depuis trois décennies apparaissent des champions sportifs à peine sortis de l’adolescence. Pour préserver une hégémonie sportive portée au rang de priorité nationale,…

Précocité sportive, sport intensif et scolarité dans le primaire (tennis, gymnastique) Stéphane Méry

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Présentation d’une recherche de Stéphane Méry, issue de sa thèse et du livre Excellence sportive et scolarité.
Depuis trois décennies apparaissent des champions sportifs à peine sortis de l’adolescence. Pour préserver une hégémonie sportive portée au rang de priorité nationale, les fédérations françaises détectent et entraînent de plus en plus tôt. Or, à l’école primaire, aucun aménagement horaire n’est possible pour atténuer la charge de travail. Les familles cherchent à faire concilier une pratique sportive intensive avec les normes éducatives. Nous sommes devant un paradoxe : celui de s’entraîner tous les jours et d’un autre côté respecter les droits de l’enfant en poursuivant une scolarité efficace. Les enjeux politiques que représentent le sport, le respect des rythmes physiologiques et l’importance de la réussite scolaire obligent à modifier l’organisation familiale.
Nous sommes devant un nouveau temps dominant, celui du loisir et d’une nouvelle forme d’apprenance. Notre ancrage théorique se base alors sur les travaux de Joffre Dumazedier qui montre le passage à une civilisation du loisir et de Roger Sue qui voit une nouvelle forme de vivre ensemble dans le volontariat, l’associativité et l’individualité. Ceci est une transformation sociale dans laquelle s’inscrit justement le jeu des acteurs (fédération, école, famille) dans leurs rapports. En rapports de force ou non ces acteurs doivent s’organiser pour agencer sport et école.
Est-il donc possible de concilier la précocité d’une pratique sportive intensive avec l’école ?
Et alors, comment se synchronisent les temps familiaux autour de l’enfant ? Quelles sont les stratégies qu’emploient les familles pour inscrire encore leur petit homme dans le cadre temporel de l’enfance ?
Pour répondre à ces questions, nous choisissons les sept sports suivants : football, tennis, handball, gymnastique, natation, volley et squash. Nous interrogeons des cadres sportifs et de l’éducation nationale afin de connaître les conditions d’entraînements et leur avis sur les aménagements horaires au primaire. Enfin nous contactons les familles pour obtenir sur un an la planification des journées autour de l’enfant.
Nos résultats montrent des familles très impliquées et une organisation autour de l’enfant réglée souvent par la mère au quart d’heure près. C’est en gymnastique pour les filles et au tennis, davantage pour les garçons, que dans certains cas les enfants de 8 ans s’entraînent deux fois par jour et plus de dix heures par semaine. Ceci est croissant avec l’âge. En 2010, environ 70 gymnastes et une dizaine de tennismen étaient en horaires aménagés et seuls dix joueurs profitaient d’un enseignement à distance. Dans les autres sports étudiés ces pratiques n’interviennent que vers 14 ans.

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